Le blog de la Compagnie Allegria est consacré à la mise en ligne des informations relatives à la compagnie et à ses membres, Brigitte Boucher, Violaine Brébion, Marc Bretonnière, Jean-Yves Brignon, Louis-Jean Corti, Hervé Derrien, Nicolas Djermag, Hervé Dubourjal, Céline Duhamel, Robert Georges, Natacha Gerritsen, Romain, Lemire, Anne Massoteau, Guillaume Orsat, Elsa Saladin, Anne Saubost...
vous êtes prêts? Respirez un grand coup et c'est parti...








Ahlan we sahlan /bonjour,
Ce soir nous avons vu un spectacle magnifique, la troupe vient de Kyoto, (j’ai fait des vidéos, visibles plus tard ;o). Ici il est question de la ville, la ville imaginaire, la ville des fantasmes, des fantômes et des rêves, la ville sans frontières…
Les scènes s’appellent « report on blood city, report on train window city, report on chilbird city, dual structure city, nostalgia city… ».
La scénographie est très belle, deux grands blocs de pierre au fond de la scène, le reste est à nu, sur ces hauts blocs seront projetées des diapositives d'un monde revolu, scènes de famille, de guerres, du texte… La bande son nous fait passer d’un tango argentin à Chopin, des extraits de vieux films français… les comédiens, 4 femmes et 3 hommes vont construire un plafond imaginaire tout au long du spectacle, un plafond fait d’objets (téléphone, fusil, sac, trompette…) qu’ils suspendent après qu’ils aient perdu toute utilité, chaque fois qu’un objet est accroché une petite lumière s’allume au dessus et l’éclaire, et nous changeons de ville, de tableau…
Les scènes sont poignantes, c’est d’autant plus saisissant que l’on perçoit l’intensité dramatique alors même que la langue nous est totalement incompréhensible et que les visages japonais restent quasiment impassibles même dans les pleurs ou les hurlements mais il y a aussi quelques moments très drôles… j’ai hate que vous puissiez en voir un extrait… c'est le plus beau spectacle aue j'ai vu ici...
A demain pour la suite ;o)
Elsa from Cairo
Sa’ida / au revoir
Ps : ce soir nous allons voir deux spectacles puis je rentre dans la capitale francaise, j’espère que cette plongée au cœur du Festival international du théâtre du Caire vous aura plu autant qu’à moi. Je vous dit à demain pour vous parler des deux derniers spectacles mais aussi pour vous faire découvrir enfin les photos et peut-être même les premieres vidéos.
Aujourd’hui tous les intervenants sont occidentaux : une américaine (Josephine Anstey) et plusieurs italiens (Antonio Pizzo, Emanuele Quinz…), tous professeurs d’université, l’un d’entre eux, professeur à l’université Paris 8 habite même Montmartre et s’exprimera en francais (ça fait du bien de temps en temps d’entendre sa langue maternelle ;o).
Je suis assez intéressée par les nouvelles technologies et les mondes virtuels, et les intervenants maîtrisent vraiment bien leurs sujets : Introduction au théâtre et à l’intelligence artificielle ; théâtre et réalité virtuelle ; danse et nouveaux médias.
C’est donc une matinée enrichissante mais en même temps il y a un malaise dans la salle. Comment dire, il est question de technologies de pointe avec capteurs sensoriels utilisés par des créateurs comme Merce Cunningham en danse ou des compagnies de théâtre très à la pointe et qui travaillent par exemple avec des avatars et autres intelligences artificielles. C’est passionnant pour moi, mais ici c’est totalement déconnecté de la réalité quotidienne des hommes de théâtre, ils le diront à la fin d’ailleurs, au moment des questions. Même si le prix des ordinateurs baisse de plus en plus je sais ce que veut dire la fracture numérique et à moindre niveau, je vois mes difficultés à me connecter tous les soirs ici ;o) Le débat de fin devient donc socio-économique même si le président de séance tente de nous expliquer qu’il est aussi important de connaître les nouvelles technologies en tant que nouveau langage à découvrir !!!
J’ai demandé à deux des intervenants de me faire parvenir leurs textes, j’en mettrai en ligne des extraits, en attendant de pouvoir vous faire partager les vidéos (problèmes techniques obligent ;o) Car je pense que le sujet peut vous intéresser, mais j’avoue qu’ici ils ne sont pas encore dans le 3D puisque la création théâtrale a à peine 100 ans comme je vous le disais l’autre jour.
Petite précision, je ne suis pas une ardente sectatrice de la technologie lol mais les expériences avec du matériel de pointe ouvrent souvent sur des horizons intéressants, à condition, bien sûr qu’il y ait un vrai contenu ;o)
C’est tout pour ce soir, demain je vous parlerai d un tres beau spectacle japonais que nous avons vu ce soir, la troupe de 7 comediens est de Kyoto, un petit bijou...
J'ai aussi eu la chanse de pouvoir interviewer aujourd'hui, lors d'une visite sur le site de Sakkara, la presidente du jury du festival, une critique americaine dont je vous ai deja parle, et aussi un des membres du jury, le co-directeur du studio theatre d Asnieres...
Vous connaissez a present le refrain, photos et videos seront mon cadeau de retour sur Paris car d'ici je ne peux pas vous les envoyer.
Elsa from Cairo
Sa’ida / au revoir
Ahlan we sahlan /bonjour
Ici il y a une curiosité qui m’échappe totalement, il fait 37 degrés en moyenne et une grande partie des automobilistes et taxis cairotes possedent de la fausse moumoute et ils en recouvrent leur tableau de bord, je suis très intriguée, je vous assure, c’est tellement surréaliste !!! Si je découvre le fin mot de l’histoire (mode ? nec plus ultra ? protection pour le plastique ? …) je vous dirai ce qu’il en est ;o)
Un journal du festival paraît tous les jours, aujourd’hui on pouvait y voir une photo du colloque d’hier avec le sieur Dubourjal on it ;o)
(Photos du journal non disponibles sur le blog... pour le momemt)
Et également une longue interview consacrée à Réfaat Asaad Trabia, comédien et réalisateur libanais, membre du jury de la 19ème édition du festival.
Il commence par ces mots :
« D’une façon ou d’une autre (ce festival) est une interaction avec tout ce qui se passe dans le monde. Une chose qui élance et verse du sang nouveau dans les veines de notre théâtre arabe. Un atelier durant dix jours où nous nous consacrons pleinement à voir un grand nombre d’œuvres bien sélectionnées… »
On sent bien dans ces lignes tout ce que le theatre moyen oriental et du magreb peut attendre de l occident, ici le theatre est tout jeune, il a a peine 100 ans, tout est a ecrire, decouvrir, a creer, c est tres emouvant, meme si les peurs face a la technologie sont aussi une realite.
nb : vous devrez patienter jusqu’à mon retour pour voir les nombreuses vidéos que j’ai faites, des spectacles, interviews et conférences car ici la technologie n’en n’est qu’à ses débuts et à moins d’être nanti, ce qui n’est pas mon cas il faut faire avec le plus basique ;o)
« Basic Colors » pièce de la troupe Owal théâtre du Barhain
1 heure de spectacle, dans une jolie salle de théâtre, une vingtaine de spectateurs. Il y a dix spectacles en même temps ce soir !!
Une pièce en arabe litteral, quand il n’y a ni résumé ni traduction et que l’on ne comprend rien à la situation c’est vraiment un moment expérimental lol.
Il y avait 11 comédiens, pas une femme, je verrai dans les jours qui viennent si cette tendance au masculin se confirme, mais je le pressens déjà. A propos, je me suis "amusée" à compter le nombre de femmes non voilées dans la population cairoise, elles étaient bien plus nombreuses il y à une dizaine d’année : cet après midi entre 15 et 16h sur 122 femmes 12 n’étaient pas voilées… faites le compte, c’est vraiment saisissant !
Bref, revenons à nos moutonsss comme dirait l’ami Topaze, malgré l’absence totale de compréhension la pièce était intéressante par son côté expressioniste et le travail rythmique des comédiens, des moments de farces assez réussi m’ont fait pouffer de rire pendant que je filmais des extraits.
ps : videos a venir... envoyees de Paris
Le colloque sur le théâtre et la technologie a fait grand débat au sein du festival car ici les gens de théâtre semblent avoir une vision très négative de la technologie, symbole du mal occidental, les débats furent donc vifs et très enrichissants. Il y avait parmi les conférenciers un marocain, un anglais, un soudanais, une américaine, un tunisien. La salle etait bondee, les interventions post colloque nombreuses.
En l absence de photos et de videos toutes pretes pour vous je vous joins l introduction de l intervention de Keren Fricker, intervention tres interessante, plus tard, vous pourrez voir, je l espere des extraits de presse, des extraits de la conference et des photos prises sur le vif, frustration, frustration que le web ici ;o)
Festival international oblige le texte est en anglais, si certains souhaitent lire la suite je peux contacter l auteur pour lui demamder. bonne lecture.
Robert Lepage, technophobe?
Karen Fricker
Royal Holloway, University of London
Presented at the Cairo Festival of Experimental Theatre, September 2007
( with the author’s permission)
Raymond Bertin yesterday in his paper on young people’s theatre in Quebec mentioned Robert Lepage as the Quebec theatremaker best-known around the Western world for the innovative use of technology in his work. It will thus doubtless seem strange to him and who anyone knows Lepage’s work that I am proposing him as a subject for this panel, about directors who resist technology through his work. Lepage is known as a master of compelling stage images, who has from his earliest days used both high- and low-tech visual and aural effects to assist in his theatrical storytelling. His interest in the use of all the elements of theatre to create meaning, rather than in traditional, text-based approaches is reflected in the multiplicity of his creative roles: he is not only a director but almost always his own scenographer; he performs in many of his own productions; and made his name with work he created collaboratively rather with than productions of existing scripts.[1]
Lepage started out in the early 1980s making shows in small theatres and cafes in Québec City, working with tiny budgets like virtually every other budding artist. Even in these early days he showed an interest in discovering stage equivalents for cinematic effects such as fast-forwards, slow-motion, and montage, using simple changes of lighting, set shifts, and trompe de l’oeil effects. As his career gained momentum and he started making co-productions for major theatres and festivals around the Western world, he exploited the new levels of technology that were now within his reach. One of Lepage’s best known uses of stage technology was in Elsinore, a solo production created in 1995 which he described as “a high-tech venture to x-ray the script of Hamlet”.[2] Lepage has since staged two technology-laden world tour concerts for the pop musician Peter Gabriel, and, most recently, a new spectacle in
Clearly, Robert Lepage is no stranger to technology; his work seems very far away indeed from any notion of “poor theatre” as idealised by Peter Brook. What I would like to suggest here, however, is that for all his seeming bravura with technology, Lepage’s work actually reveals a deep ambivalence about the changes new technologies are bringing to society and human consciousness, and considerable anxiety about the effect these changes will have on his own creative authority. The contrasting impulses that his productions reveal – at once welcoming technology’s possibilities, but fearing the loss of self and of human presence that the growing pervasiveness of technology might represent – resonate deeply with contemporary concerns about the relationship of humankind to technological and scientific advances. This Janus-faced approach to technology, I would suggest, is part of what makes his work feel so timely and of-the-moment.
Before I can begin to support this argument, I must first establish my understanding of the relationship between technological change and theatrical practice. As I see it, the role that contemporary technology plays in the development of theatrical language cannot be reduced to the simple placement of screens, telephones, and other gadgetry on stage. I would agree, rather, with Arnold Aronson’s assertion that “the key to understanding the relationship between theatre and technology” is the perception that
… theatre – in fact art in general – is shaped not by specific technological developments but through transformations in consciousness and modes of perception that may, however, be significantly affected by technology.[3]
[1] While Lepage built his reputation on original works, he has also directed productions of classic texts, including several controversial productions of Shakespeare, including A Midsummer Night’s Dream for the Royal National Theatre in 1992 and three Shakespeare plays in québécois “tradaptation”, Macbeth, La Tempête, and Coriolan, which toured Europe, Canada, and Japan from 1992-94. He almost never directs new plays that he did not write himself.
[2] Cited in Gibson, K. Jane, “Seeing Double: The Map-making Process of Robert Lepage,” Canadian Theatre Review 97, p. 19.
[3] Aronson, Arnold, Looking into the Abyss: Essays on Scenography (
A ma descente d’avion hier j’ai filé dans un taxi pour ne pas rater la cérémonie d’ouverture du Festival à la maison de l’Opéra (bâtiment récent construit par des Japonais en plein centre du Caire), raté, ratées les présentations officielles, raté le ministre de la culture saluant et remerciant tous les intervenants, membres du jury, membres du comité de sélection, participants aux symposiums…
Mais j’ai pu assister au spectacle d’ouverture, un petit bijou : « through the kids eyes » !
Une troupe de 6 marionnettistes Géorgiens formidables, les « liberty theater » ! Je n’ai pas pu prendre de photos de leur spectacle (trop loin d’eux), mais ils nous ont donné un spectacle remarquable, avec comme décor un mur de briques en mousse qui évoluait au fur et à mesure. Le thème de la liberté y était central, sur la musique des Pink Floyd, vous l’aurez deviné… « the Wall » !!
Leurs marionnettes étaient au bout de leurs doigts, les doigts étant tantôt des jambes, tantôt des tentacules de pieuvres, ou des ailes d’anges…. Ils nous ont fait passer de l’air à l’eau, d’une dimension à l’autre.
Malgré ce thème du mur un peu dépassé pour l’occidentale que je suis, je me suis laissée embarquer par leur univers onirique et j’ai pu constater que les spectateurs étaient enthousiastes !!!
(Catherine S. quand tu retournes à Tbilisi ne les rate surtout pas !!! )